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2014-04-16T09:28:28+02:00

Un amour de Bentô (Tomes 1 à 3 ) Nao Kodaka / Shiori – Pika Editions

Publié par Cycy la vache de l'espace
Un amour de Bentô (Tomes 1 à 3 )  Nao Kodaka / Shiori – Pika Editions

Un amour de Bentô

(Tomes 1 à 3 )

Nao Kodaka / Shiori – Pika Editions

(critique par Cycy)

Intéressons-nous aujourd’hui à cet ovni ayant traversé la galaxie shojo à la vitesse de la lumière. Ce titre ne comporte en effet que trois tomes, publiés à la suite au cours de l’année 2012. Cependant, à la date où j’écris cette critique, ils sont toujours commercialisés, et vous n’aurez aucun problème à vous les procurer.

Je viens de déterrer les miens de ma pile de mangas en attente (oui, je ne les avais toujours pas lus depuis deux ans), et, parce qu’aujourd’hui j’étais motivée, j’ai dévoré en trois coups de mâchoire cette série.

Je ne me souviens même plus pourquoi, à la base, je l’avais achetée. Probablement parce que j’aime les séries courtes, ou que j’avais du trouver le dessin mignon. Peut-être pour les recettes de bentô promises sur la première couverture. Il faut dire que je suis une bulle en cuisine. Ça tombe bien, l’héroïne aussi.

Saé, élève de 5ème, ravissante blondinette à couettes telle Candy, a deux grandes passions dans la vie.

Non, pas les chevaux et le Casino, comme Omar Shariff.

Elle, c’est avant tout de se goinfrer comme une ogresse, mais sans jamais prendre le moindre gramme (Ah ! Ces japonaises !). Puis viens son second passe-temps, plus noble : aider ses copines collégiennes à faire leur déclaration d’amour à leurs princes charmants respectifs. Pour cela, ce cupidon en jupons a une arme redoutable : des bentôs cuisinés avec Shiori, la gérante d’un restaurant, et surtout avec Yuki, le petit frère de celle-ci. Comme le monde est petit, Yuki est aussi le camarade de classe de Saé, et bien évidemment, elle en est secrètement amoureuse…

Oui, le scénario est cousu de fil blanc, et il s’assume ainsi…

Puisqu’en réalité, la partie « manga » de ces tomes (joliment troussés et mis en pages par l’illustratrice Nao Kodaka) n’est qu’un prétexte pour mieux nous servir la véritable identité de cette série : ce sont des livres de cuisine.

Chaque chapitre est l’objet de nouvelles recettes de bentô, conçues et proposées par une autre Shiori, bien réelle celle-ci, une coordinatrice de cuisine réputée aussi bien au Japon qu’en France.

Redoutablement bien pensés, ces tomes raviront les cas désespérés de la cuisine tels que moi. Les recettes sont expliquées une première fois dans la partie « manga », avant d’être résumées de façon claires. Dans le premier tome, les recettes sont réunies en fin de volume dans un livret en couleur, avec photos de prise de vue réelle. Dans les deux tomes suivants, les recettes sont résumées en noir et blanc à chaque fin de chapitre, mais des photos en couleur sont quand même présentes en quatrième de couverture.

Des recettes « simples », mignonnes et colorées, qui donnent vraiment envie d’y goûter, si certains ingrédients typiquement japonais n’étaient pas si difficiles à se procurer…

Et à part ça, en ce qui concerne le manga ?

Un découpage linéaire et répétitif, qui sera systématiquement le même jusqu’à la fin.

Une fille (ou, exceptionnellement, une fois, un garçon) ne sait pas comment déclarer son amour à la personne de ses pensées. Saé se mêle de ses affaires et l’entraîne chez Shiori et Yuki pour cuisiner un bentô. La fille offre ensuite le bentô à l’élu de son cœur, ça tombe bien , il l’aime aussi en retour, ils filent alors le parfait amour, mission accomplie… Vous devinez seul qui sera le dernier couple réuni autour d’un bentô…

Mais comment en vouloir à Saé et Yuki d’être aussi chous ? On s’y attache malgré nous et l’implacable destinée sans surprise qui les attend.

En revanche, je déconseille vivement de lire les trois tomes à la suite comme je l’ai fais. Cette ronde folle d’ingrédients, ça finit par donner encore plus mal à la tête que trois heures de « Top Chef ». Vraiment.

Parmi les détails amusants, il faut se tourner, comme toujours, vers la page du dépôt légal (que vous trouverez en fin de volume, juste avant les pubs).

On y découvre d’abord que le titre original du manga, au Japon, est « Hatsukoi Lunch Box ».

N’est-ce pas un étrange paradoxe que cette recherche de l’occidentalité avec le terme « Lunch Box » (il est vrai plus usité dans les pays anglo-saxons qu’en France), alors que pour l’édition française, Pika a préféré utiliser un mot japonais, « Bentô » ?

(Quoique « un amour de casdalle » aurait été bien plus marrant…)

Pika ayant par ailleurs soignée la couverture pour son édition, un « créateur d’illustrations (Supplémentaires) » a été engagé. Savez-vous quel est son nom ?

… Simona Maccaroni.

Si, si, je vous jure. Vérifiez vous-même, moi, en tout cas, j’en ris encore…

Que penser lorsque, dans sa propre bibliothèque, on a fait une rencontre du troisième type ? Cette œuvre hybride ne peut être ni jugée comme un manga ordinaire, ni comme un livre de recettes à part entière. Il vaut mieux estimer ses parties séparément avant de les réunir pour une note globale.

Pour ce qui est du manga, soyons, clairs, c’est du shojo, tout rose, tout sucré et tout mignon, sans aucune surprise et stéréotypé au possible, visant clairement un public de collégiennes (et encore, juste celles qui sont ultra romantiques, les autres iront chercher leur dose de « dark » ailleurs). Difficile, même sans être un homme mais juste une femme plus âgée, de ne pas le lire d’un œil désabusé. J’aurais certainement adoré quand j’avais 12 ans. Mais pour citer ce grand philosophe qu’est Roger Murtaugh, même si j’aime beaucoup le style de dessin et les personnages, je suis trop vieille pour ces… Concombreries.

Pour ce qui est des recettes en revanche, elles sont accessibles pour tous les publics, du moment qu’on a décidé d’apprendre à cuisiner un bentô pour son amoureux (se), ou plus honnêtement, pour sa propre bouche. Après tout, on n’est jamais mieux servit que par soi-même.

Ce qui m’emmène, malgré tout, à une grande interrogation.

Dans le manga, Yuki doit se battre pour faire accepter à son père son désir d’être cuisinier, alors que selon celui-ci, c’est « la place d’une femme ». Le manga s’engage alors à pourfendre ce vieux cliché : non, la cuisine, c’est pour tout le monde…

Le problème, c’est que le message est aussitôt sabordé par le slogan ridicule figurant sur le quatrième de couverture du tome 3.

Je le cite mot pour mot, je vous jure que je n’invente rien :

« Des recettes belles et délicieuses pour affirmer votre féminité à 200 % ! »

Non mais, sérieusement, QUI a pondu une telle accroche ?

(On ne peut quand même pas tout mettre sur le dos de Maccaroni !)

Des recettes belles et délicieuses, d’accord, mais en quoi vont-elles affirmer ma féminité ?!

Je deviens virile si mon assiette sort moche et mal cuite ?

Et si un homme décide de cuisiner un bentô pour sa pause déjeuner, il n’a plus qu’à se faire castrer ?

… Pathétique ….

Au final :

Un titre amusant, ludique et distrayant, mais qui, dans la catégorie des mangas culinaires, n’égale pas « Le petit chef » (série culte des années 80) , ni « Yumeiro Pâtissière » (toute aussi culte mais plus récente, bien que toujours totalement inédite en France, bon sang, mais que font les éditeurs ?!).

Si je ne devais juger que le manga, je l’aurais noté 12/20.

Pour les recettes seules, un joli 15.

Comme je suis de bonne humeur, je vais arrondir la moyenne de 13,5 à 14/20.

A votre santé et bon appétit !

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