Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

2014-10-18T15:42:27+02:00

La vie de Raffaello SANTI dit Raphaël (Editions Black Box )

Publié par Cycy la vache de l'espace

La vie de Raffaello SANTI dit Raphaël

(Editions Black Box )

S’il est un one shot de l’automne 2014 que vous devez absolument vous procurer pour votre mangathèque, c’est assurément « La vie de Raffaello Santi dit Raphaël », par Machiko Satonaka, une des pionnières du joseï, qui contribua au travers de son œuvre à l’émancipation de la femme japonaise dans les années 70.

Dans cette biographie romancée, elle met à l’honneur le peintre Raphaël, un homme dont la vie et l’œuvre ont été justement guidées par les femmes. Sa mère, Maàgia Carla, décédée trop tôt, incarnation pure et éternelle de la sainte vierge. (Son père, le peintre Giovanni Santi, décédera lui aussi trois ans plus tard). Bernardine, sa « nouvelle mère » attachante, mais qui mettra du temps à apprivoiser ce fils qu’elle n’a pas mis au monde. Elizabetta, sa demi-sœur angélique. Maria, sa fiancée qu’il n’a pas choisie. Margherita, surtout, à la fois sa compagne, maîtresse, confidente et âme sœur, qui malgré tout l’amour et la dévotion qu’elle voue à ce génie précoce, ne parviendra pas à le freiner dans son inévitable course vers la mort…

Car bien avant les légendes du rock comme Jim Morrison et les icônes du cinéma telles que Heath Ledger, il y en eu d’autres qui vécurent vite, moururent jeunes et firent de beaux cadavres.

Raphaël était de ceux là, un boulimique pressé de tout vivre car conscient de l’éphémère d’une existence terrestre. Machiko Satonaka nous invite dans le rythme fou de son destin, celui d’un petit prince de l’art sur lequel les fées s’étaient penchées pour lui octroyer toutes les qualités : le génie, la beauté, la sensibilité, la générosité, la modestie… Avec une soif d’apprendre insatiable, des facultés d’adaptation quasi surnaturelles. Le tout était malheureusement compensé par une addiction au travail pathologique, aussi dévorante que sa recherche de la perfection. Workaholic avant l’heure et avec sa seule soif artistique comme patch de nicotine, il laissera à la postérité l’une des plus prolifiques carrière de l’histoire de la peinture.

Satonaka témoigne aussi des rencontres de Raphaël avec deux autres grands génies de la Renaissance : Leonard le scientifique et Michel-Ange le passionné, tout deux plus âgés que lui et que Raphaël, admiratif et humble devant leurs œuvres, considère comme ses maîtres. C’est en étudiant leurs travaux respectifs, différents mais complémentaires, que Raphaël améliorera encore son propre art. On peut dire que Michel-Ange l’emporte dans son estime puisqu’il le représentera deux fois sur la fresque « L’école d’Athènes » présente dans la Chambre de la signature du palais pontifical du Vatican, même si Leonard y est aussi présent pour incarner Aristote !

La recherche de la composition parfaite sera l’obsession de Raphaël. Mais son incapacité à dire « Non » le conduira à assumer avec les disciples de son atelier un nombre incalculable de commandes, au détriment de son art, de son sommeil et de sa santé. A mesure que le récit progresse, la dramaturgie s’intensifie. Le magnifique dessin de Machiko Satonaka, si doux pour retranscrire la luminosité bienveillante et pieuse des peintures de Raphaël et de son amour pour Margherita, tranche de plus en plus au fil des pages avec des trames qui se noircissent à l’approche inéluctable de la fin.

Publiée dans un grand et beau format, souple et agréable pour la lecture, cette biographie s’appuie sur une richesse de documentation à couper le souffle. Tout au long du récit, vous retrouverez de nombreuses reproductions des peintures de Raphaël ou des autres artistes contemporains de son époque, ainsi que des photographies des lieux où il vécut ou de ceux où il a travaillé. Un seul regret, peut-être, l’intégralité du « noir et blanc » sur tout le volume, car beaucoup de pages auraient méritées d’être admirées en couleur.

En fin de volume, des explications additionnelles fournies par Machiko Satonaka et par Haruki Morokawa, historien spécialiste de l’art de la Renaissance, complètent ce bel ensemble.

Ce bel ouvrage est disponible sur le site de vente par correspondance de son éditeur, Black Box. Les heureux lecteurs et lectrices qui en avaient effectué les premières pré- commandes, dont je fais partie, ont eu non seulement l’agréable surprise de recevoir avec leur volume une carte illustrée aux couleurs de la couverture, mais aussi le grand honneur de voir leurs noms figurer dans le tome à la page des remerciements !

Je les en remercie en retour de tout cœur. Black Box est une maison d’édition « familiale », dont les membres chaleureux et bienveillants multiplient les charmantes attentions envers leurs lecteurs. Ils s’impliquent totalement dans chacune de leurs parutions pour fournir la meilleure édition possible, et cela nécessite pour cette petite structure beaucoup de travail et de courage.

Pour toutes ces raisons, et parce que ce magnifique one-shot le justifie par ses propres qualités, j’accorde un 19/20 à cette brillante et passionnante vie de Raphaël.

Notez également dans vos agendas que l’équipe de Black Box sera présente les 22 et 23 Novembre 2014 à la convention Art to play de Nantes.

N’hésitez pas à aller à leur rencontre !

La vie de Raffaello SANTI dit Raphaël (Editions Black Box )

Voir les commentaires

commentaires

Girl Gift Template by Ipietoon - Hébergé par Overblog