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2008-03-14T16:13:00+01:00

Sujet BTS "Quels sont selon vous les critères d'une fête réussie?"

Publié par Cycy la vache de l'espace

Sujet BTS – Français

 

« Quels sont selon vous les critères d’une fête réussie ? »

 

 

La fête est une manifestation collective impliquant une dimension spirituelle, divertissante ou commémorative, destinée à célébrer un évènement précis à travers des rituels et / ou des comportements convenus. Il s’agit généralement d’une manifestation heureuse et à dimension cyclique, ayant lieu de manière annuelle. La réussite est le potentiel hasardeux de succès dans les conséquences d’une action. Elle est positive et génératrice de satisfaction et bénéfices pour celui qui l’a initiée.

De ce fait, en quelles circonstances peut-on juger qu’une fête est réussie ? Quels éléments en sont révélateurs ? Nous tenterons de déterminer quels critères traduisent l’échec d’une fête, lesquels en traduisent le succès, et de la confrontation de ces situations nous retirerons des conséquences.

 

Ceux qui sont nés fin février vous le diront : pour qu’une fête soit réussie, encore faut-il qu’elle ait lieu à la bonne époque. Célébrer son anniversaire toutes les années bissextiles rend l’évènement plus rare mais aussi plus précieux : on s’engage quatre fois plus pour en garder un souvenir impérissable. Il n’en va pas de toutes les fêtes. Nombre d’entre elles ont connu un échec retentissant ou un déclin foudroyant parce qu’elles n’étaient pas du goût du siècle, du moment, de la vague , de l’instant… Seuls les archives de l’INA ou les vieux articles de journaux témoignent encore de nombreuses fêtes ayant eu lieu au cours de notre siècle, mais dont plus personne ne se souvient, et qui n’ont d’intérêt que pour les curieux : l’élection du plus beau bébé au pied de la tour Eiffel, la fête de la femme au foyer (sponsorisée par Singer et Moulinex !) , la parade de Miss Mandarine à Nice (avec Denise Fabre assise sur le trône). Fêtes passées, dépassées, trépassées, surannées et que certains disent belles et bien enterrées…

Croit-on vraiment ? Avec toute une nouvelle  génération de parents faisant de leur enfant le Roi de la maison, c’est tous les jours la fête de bébé. Moulinex a disparu, mais on offre toujours des robots ménagers lors de la fête des mères ou toute récente fête des grand-mères. On mange toujours des mandarines et même si ce n’est plus leur fête, le calendrier offre largement de quoi se rabattre sur d’autres fruits, pour les grosses légumes. (D’ailleurs, aucune fête sans de quoi se sustenter à portée de gosier !)

Une époque chasse l’autre, une fête tue une autre aussi. Moulinex est mort, vive Internet !  Tiens, si on en faisait une fête ?

Ne serait-ce pas plutôt : un produit chasse l’autre ?

 

Autre critère important, la fête doit être fédératrice. Rassembler le plus de monde possible, même d’horizons diverses et variées, et les inclure dans un même mouvement collectif. Non pas qu’on ne puisse faire la fête tout seul. Tout à coup saisie d’euphorie à la suite d’une augmentation, la secrétaire fonce rejoindre son magasin préféré et célèbre l’évènement en dépassant sans compter. Saisit d’un élan patriotique pour une raison obscure, un homme défile dans la rue avec un drapeau tricolore et un porte-voix en scandant : « Vive la France, la France est géniale ! » (second exemple vu de mes propres yeux de passante impartiale)

Mais la fête est concrètement le lieu de rassemblement et de communion pour toutes les classes sociales et cultures de la société. On se mêle et s’emmêle dans un grand bal populaire, on échange ses vœux de bonne année face à un monument, on échange sa vie, transgresse les tabous, joue à un autre « soi » lors du carnaval…

La « liesse populaire », c’est la joie de tous, unanime. Tout comme dans une salle close un rire a des chances de devenir communicatif, une fête réussie, c’est une fête qui se transmet comme une vagues, a des ondes de répercussion, s’étend, irradie. Un fait-divers intéressant est l’histoire de Valerio, un jeune Italien. Arrivé en retard pour rejoindre ses amis à la plage, ceux-ci le gratifie de loin en scandant son nom : «  Valerioooo ! Valerioooo ! » Même manége les jours suivants, à tel point que les estivants, reconnaissant le garçon au peu de ponctualité, finissent eux aussi par l’appeler : « Valeriooo ! »  Le nom s’étend à toute la plage, puis celle d’à côté. En quelques semaines, toutes les plages d’Italie se mettent à jouer au « Valerio », criant ce nom comme une vague, telle une ola dans un stade, quand quelqu’un apparaît au-delà des dunes. Le susdit Valerio atterrira sur un plateau TV après que son nom ait été décliné en chanson (interprétée par un malin opportuniste), propulsé tube de l’été et faisant danser toute l’Italie. Ce nouveau type de « fêtes » nées d’une étincelle, d’un rien, se propage de nos jours grâce à Internet, où des personnes de tous bords différents se donnent rendez-vous tel jour, telle heure, Pour une fête improvisée et inattendue.

 

La fête, c’est aussi l’oubli dans l’excès, la démesure. Entre autres références, les orgies romaines et le cinéma de Fellini : boissons qui coulent à flot, nourriture en abondance, plaisirs de la chair, musique agréable, décor approprié… La fête est la victoire d’Epicure, de la jouissance des plaisirs de la vie. En période de disette, on se privera longtemps pour célébrer une fois dans l’année dans l’excès, quitte le lendemain à en éprouver un sentiment de culpabilité (lié à la culture judéo-chrétienne où le plaisir personnifie le mal, d’où sa réprobation des fêtes païennes). Même au plus profond du néant, de l’absolument inhumain , de l’atroce, la notion de plaisir de la fête subsiste. Tel le témoignage d’un soldat de la première guerre mondiale : « J’avais une bougie. Quel luxe ! Je l’ai plantée dans la boue de la tranchée, cette boue de chair et de terre, et j’ai dit : Ce soir, c’est la fête. Une trêve, les gars ! Elle pouvait durer jusqu’à demain ou deux secondes. Dans deux secondes, je serais mort. Mais au moins je serais mort en faisant la fête. »

 

D’un critère plus subjectif, la fête est réussie si elle initie un mouvement, une évolution dans les mentalités. Lorsqu’elle reconnaît les évènements du passé et prépare l’avenir (commémoration de l’abolition de l’esclavage le 10 Mai), confirme une communauté dans ses droits (journée de la femme, gay pride) ou témoigne d’un courant culturel  (les « fêtes » mangas, ringardes et désapprouvées il y a dix ans, battent leur plein aujourd’hui et pas seulement auprès de la jeunesse fan de culture asiatique, le festival d’Angoulême, l’a enfin adoubé !)

 

Une fête réussie n’est peut-être finalement qu’une fête qui a su s’imposer pour exister.

Avec le sourire.

 

 

 

 

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