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2007-02-14T12:08:00+01:00

"Peut-on ralentir le progrès?"

Publié par Cycy la vache de l'espace et son Dragon
 

« Peut-on ralentir le progrès ? »

 


J’ai écris ce devoir avec un esprit très pessimiste car j’avais le moral à zéro, mais il a quand même été noté 16/20 !


Le progrès est constitué de toutes les innovations et les découvertes croissantes ayant permis d’améliorer le confort et le mode de vie de l’humanité, avec des conséquences positives et négatives. L’idée de ralentir suggère un frein à la cadence de cette croissance, avec des conséquences tout aussi positives et négatives. Mais est-il possible d’appliquer ce ralentissement au progrès ? Dans un premier temps nous étudierons les hypothèses émises pour ralentir le progrès, puis nous expliquerons les obstacles s’opposant au frein de celui-ci. De ces deux avis contraires nous retirerons des conséquences.


Le progrès ! Il convient de dire que la première découverte fondamentale de l’homme fut celle du feu. La mythologie grecque s’est fait l’écho de l’évènement à travers le mythe de Prométhée, qui vola le feu aux Dieux pour le remettre à l’humanité, enfin heureuse de profiter de ce luxe. Prométhée, quand à lui, fut disgracié par les divinités, et, enchaîné à un rocher, condamné à avoir le foie éternellement dévoré par un rapace. Le progrès serait ainsi né d’un sacrilège, apportant chaleur et lumière mais aussi un châtiment éternel. Certaines versions disent que Prométhée eu aussi les yeux brûlés lors de son vol, le feu pouvant aussi éblouir et consumer. Toutes les découvertes qui se succèderont à travers les siècles, aucune de ces innovations ne pourront jamais se défaire de cette ambivalence opposant le bien au mal, le bienfait au malheur.


Créer, inventer, explorer, exposer, l’homme ne s’est plus jamais arrêté dans cette course folle vers l’absolu. De l’âge de la pierre polie à celui de la machine à vapeur, de l’invention de l’imprimerie à la génération Internet, de la fée électricité à la station Mir, tant d’heures de travail, tant d’efforts humains employés, tant de tentatives, d’échecs et de succès. L’homme « moderne » rit au nez de Prométhée : le feu, c’est dépassé ! Se gavant de plats dégelés au micro-onde devant son écran home cinéma après avoir rangé dans son garage à serrure focale le dernier bolide high-tech. « Et si ça ne marche plus, on jette ! » disait une célèbre publicité pour des piles dans les années 1970.


D’où le maléfice « moderne » qui s’est abattu en l’espace de seulement un siècle sur notre humanité. A force de créer, consommer et jeter, celle-ci s’est embourbée dans ses déchets. A dégradé son environnement. Pollué son atmosphère. Provoqué des dérèglements climatiques, prévoyant entre autres des cataclysmes naturels et l’épuisement total de ses ressources naturelles dans les cent ans à venir. Stérilisé et empoisonné ses sols et ses océans. Souillé de déchets jusqu’à l’espace entourant notre planète… La liste est encore longue, mieux vaut la stopper ici et réfléchir aux moyens supposés enrayer la course mortelle du progrès, et cette agonie se notre planète, qui sera aussi à terme la nôtre. Lorsque ses propres intérêts sont en jeu, l’homme est plus conscient que jamais de sa finitude !

- Les moyens « politiques ». Après avoir longtemps posé des œillères sur les conséquences néfastes où l’appât du gain allait leur mener (le commerce du charbon et de l’acier, puis du pétrole a été l’un des enjeux mondial des deux derniers siècles), suite à des catastrophes écologiques et meurtrières sans précédent (marées noires, Tchernobyl, raz-de-marées et séismes ne touchant plus seulement les populations les moins puissantes du monde, nouvelles maladies nées de la guerre bactériologique…), les politiques ont enfin pris conscience de leur rôle et de l’importance de leurs décisions dans les freins au progrès qui permettront de préserver l’avenir de la Terre et de sa population. Le protocole de Kyoto, encourageant les états à limiter l’émission de gaz à effet de serre (mais qui ne sera pas signé par ses principaux « coupables ») en est le meilleur exemple. A échelle nationale, la politique passe aussi par des initiatives telles que l’investissement dans le biocarburant, l’éco-énergie, les transports en commun (restauration des tramways en lieu et place des bus… Tramways qui avaient disparus avec l’avènement de l’automobile !). D’une manière générale, toutes les corporations de métiers effectuent des « retours en arrière » favorisant l’écologie.

- Les moyens « citoyens ». Les populations les plus consommatrices, et donc « polluantes » du monde sont mise à contribution en les incitant à consommer moins, consommer « bio », consommer « équitable », trier leurs déchets. Après l’ère de l’infantilisation où l’homme était devenu totalement dépendant et assisté de ses privilèges technologiques, le voici enfin responsabilisé ! Des moyens efficaces ? Il faudra en juger sur le long terme. L’égocentrisme et la lâcheté de l’individu priment encore beaucoup trop sur l’intérêt de la communauté.


Freiner le progrès n’a pas toujours été une vertu écologique. Combien d’esprits étroits, combien d’étroitesses religieuses se sont-elles opposées à des Archimède, des Galilée, des Newton, des Darwin, des Franklin, Einstein ou Marie Curie ? Jugés au mieux pour fous, au pire hérétiques, ces « doux rêveurs » font aujourd’hui référence, ou déclenchent même des passions à l’image de Da Vinci.


Pourtant, si ce type d’obstacles sous des couverts moraux ou religieux existent toujours, il est également à noter des comportement tout aussi extrémistes chez les farouches défenseurs du progrès, et les facteurs qu’ils avancent ne sont pas tous négligeables. Bien entendu, les enjeux économiques demeurent leur fer de lance, et ce qui permet de nourrir-chauffer-loger-divertir une partie de la planète quand l’autre s’éteint à petit feu. Mais c’est un venin délicieux, car qui dit industrie dit emploi, qui dit emploi dit salaires, qui dit salaires dit consommation, qui dit consommation suscite l’industrie. Cercle vicieux que ne renieraient pas Taylor et Ford, pères de cette nouvelle mouture du drame de Tantale, autre disgracié mythologique condamné éternellement aux travaux forcés.


Mais peut-on nier que les formidables avancées du progrès ont permis de sauver quantité de vies humines à travers la médecine, de former les esprits à travers l’éducation, de soulager, aider, soutenir, protéger dans bien des situations. Et quels Dieux peuvent encore s’opposer, non plus à l’acquisition du feu par l’humanité, mais à de multiples outils nécessaires à son subside, et dans certains cas, paradoxalement, à celle de la planète.


Car nous retrouvons ici toute l’ambiguïté du mythe de Prométhée : un bienfait ne peut se faire sans un maléfice. Et la sauvegarde de notre humanité, si elle doit se faire dans le ralentissement du progrès, ne pourra pas se faire sans lui. Car qui peut prétendre que les centrales de recyclement de déchets, les rames de tramway qui fleurissent entre autres à Montpellier ou les mini sous-marins d’exploration et observation sub-aquatique ne sont pas les fruits du progrès ?


Que les Dieux soient cléments et libèrent Prométhée, nous nous sommes rendus coupables de crimes bien plus odieux que les siens, et continuons de les perpétrer. Reste à déterminer s’il s’agit d’un maléfice ou d’un bienfait.



 


 

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