Observez attentivement ce devoir pour une épreuve de français de BTS vente et productions touristiques. J’ai eu 18 /20 ! Sauf que ce que ma prof ignore, c’est qu’au moment de le rédiger des passages entiers de deux mangas de Clamp dont je suis fan, Tsubasa Reservoir Chronicle et XXXholic, me sont revenus. Jugeant qu’ils valaient bien un essai de philosophie, je les ai écrit à la virgule près et intégrés à ma copie. A vous de les retrouver ! ce qui me porte à deux conclusions :

 

 

 

 

 1) je dois de l’argent à Clamp et Pika

 

 

 

 

2) ceux qui disent que les mangas rendent débiles ont sous leurs yeux la preuve concrète qu’ils ont tort !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment est perçu celui qui prend des risques ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            Notre perception est la faculté, l’affection de l’âme par laquelle nous prenons conscience, connaissance (gnosie) du monde extérieur et d’autrui en organisant nos propres sensations. Celui qui prend des risques s’expose à un danger possible, un évènement à l’issue imprévisible, une probabilité d’échec comme de succès, de victoire, de réussite. De ce fait, la perception des autres de celui qui prend des risques peut être, selon la situation et l’enjeu, positive comme négative. A travers l’énumération des motivations de ceux qui prennent des risques et l’exemple de situations nous opposerons et expliquerons les origines du regard approbatif ou répressif porté par autrui sur leurs agissements et de ces deux réactions contraires, nous retirerons des conséquences.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            Toute action impliquant des enjeux comporte une probabilité de risque. Ceux qui prennent des risques le font en toute conscience, parce qu’ils veulent atteindre leur objectif même s’ils doivent pour cela affronter des épreuves insurmontables. Si ces épreuves comportent un danger concret pour sa personne, le regard extérieur sera négatif, incompréhensif : « Pourquoi prends-tu le risque de mourir pour ça ? » ( Le « ça » , péjoratif, signifie l’inutilité, l’absurdité de l’acte.) Cette question traduit la crainte de ceux qui considèrent l’objet de cette crainte comme trop grand pour nous, comme dépassant nos capacités à l’affronter. Celui qui prend des risques n’est pas inconscient du danger, et lui aussi en éprouve de la crainte, mais il refuse de se laisser écraser par cette peur. D’après un proverbe japonais, la grenouille ne sait rien du monde si elle reste au fond du puits. S’il ne surmonte pas sa peur, celui qui prend des risques n’atteindra jamais son but. Il ne se laisse donc pas écraser par cette crainte et poursuit son objectif, en dépit de la crainte exprimée par les autres. En ce sens, celui qui prend des risques peut être perçu comme égoïste, se donnant entièrement à son but alors qu’il n’existe pas seulement pour lui-même. Aucun être ne s’appartient pleinement. Chacun a des liens avec les autres et des choses qu’il partage avec autrui. Même  un homme en phase terminale d’un cancer, qui n’aurait par ailleurs plus aucune famille, ni aucun ami ou relation, et qui souhaiterait mettre fin à ses souffrances par l’euthanasie, se heurterait au refus de la part d’inconnus au nom de la morale, de l’éthique et de la loi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            Mais ceux qui prennent des risques se caractérisent aussi par leur obstination. Ils n’abandonnent jamais. Il n’est aucun obstacle qu’ils ne puissent, à terme, surmonter ou cesser d’être convaincus de pouvoir surmonter par leur persévérance. Ce n’est qu’une question de temps. L’observateur sera peut-être agacé de le voir tout autant investit dans son objectif : « Cesses de perdre ton temps avec ça ! » Mais beaucoup seront admiratifs devant le parcours de celui qui au lieu d’accepter une situation initiale, se seront tracé leur propre voie en surmontant tous les obstacles, comme l’explique Jules Vallès dans Les Réfractaires :

 

 

 

 

« Il existe de par les chemins une race de gens, qui au lieu d’accepter une place que leur offrait le monde, ont voulu s’en faire une tout seul, à coup d’audace ou de talent. »

 

 

 

 

Après avoir été décrié, celui qui osa prendre des risques pour réussir est cité en exemple. L’ambitieux, l’arriviste devient un notable. Le doux-rêveur , un inventeur de génie. Un obscur scribouillard, un écrivain de talent. Tous les défauts qu’on lui reprochait jadis des qualités exemplaires, qui susciteront l’admiration et peut-être d’autres vocations. La réussite est une parure qui recouvre d’une couche d’or l’acier des critiques. (note de Cyrielle à ne pas mettre dans le devoir : Cette phrase est de moi ! Je dépose la marque ! ^^)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            Une qualité vraie propre à ceux qui prennent des risques et non à ceux qui les observent avec précaution, c’est qu’ils ont une vision large de leur avenir. Ils savent que plus d’un chemin leur est ouvert et ne redoutent pas de les emprunter. Ils ont confiance en leurs capacités, et quelle que soit la méthode employée, sont persuadés d’atteindre leur but. « Va devant toi et si le monde que tu cherches n’existe pas, il jaillira tout exprès de l’onde pour justifier ton audace. » (Friedrich Von schiller). Il se dégage de cette philosophie de vie un aspect de quête spirituelle, de voyage initiatique, un parfum d’inconnu et d’aventure qui interpelle l’imagination de l’observateur, et qui a fait les beaux jours de la mythologie, d’épopées moyen-âgeuses, de la littérature fantastique où l’inattendu surgit au milieu du quotidien, de l’art séquentiel et du cinéma…  Le héros prend des risques, réussit, est félicité. Ose et tu en seras récompensé.  L’exaltation du courage suscite l’identification et nous instaure des « normes » et des « valeurs » inconscientes dès le plus jeune âge.  Le brave petit chevalier combat le dragon au péril de sa vie pour délivrer la princesse de la tour enchantée, où elle attend son sauveur avec patience et admiration. C’est au seuil de 2000 ans de féminisme ardu que l’on admet enfin que la princesse puisse se délivrer elle-même et fuir à dos de dragon loin d’un chevalier qu’elle ne connaît même pas pour partir à la recherche de celui qu’elle aimera vraiment. (Le courageux éconduit pourra se consoler, le monde est plein d’autres « dragons » à affronter et de crapauds à embrasser). Accepter sa défaite n’est plus une défaillance mais une force. On progresse sans cesse de l’expérience retirée de ses erreurs. Et ceux qui nous observent sont les premiers témoins de cette évolution.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            Car celui qui prend des risques connaît ses limites. « Le tact dans l’audace, c’est de savoir jusqu’où on peut aller trop loin. » (Jean Cocteau, Le rappel à l’ordre)

 

 

 

 

Nous ne sommes pas infaillibles et certains d’entre nous ont l’intelligence de demeurer humbles devant ce qui nous est et nous demeurera supérieur. On se souviendra toujours des images de ceux qui ont osé prendre le risque d’être les premiers hommes à marcher sur la lune, et de la phrase fameuse de Neil Amstrong : « C’est un petit pas pour l’homme, mais un bond de géant pour l’humanité. » Humble devant l’exploit, l’infiniment grand, l’absolu. Ce jour-là plusieurs milliards de personnes observaient ce « risque réussi » dans une émotion unanime, une solennité devant l’histoire, la communion d’une partie de l’humanité. Au même moment, ailleurs dans le monde, un enfant mourait de faim parce que la récolte n’avait pas été bonne. Sa mère écrira plus tard : « Je me moquais de la lune et des étoiles, puisque mon enfant ne verrait plus le soleil. » Ce n’est pas parce qu’un ensemble de personnes portent un regard positif sur un évènement qu’un individu ne le ressent pas de manière négative.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            Trois autres qualités de ceux qui prennent des risques sont un esprit positif, l’espérance en quelque chose et la patience. Ils voient du bien en toutes choses, du banal, savent toujours faire quelque chose d’extraordinaire, croient en leur chemin qu’ils se sont choisi même s’il est ardu et que les autres ne discernent pas bien ce chemin, et savent qu’un travail n’a guère de valeur que l’effort qu’il a coûté. « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habituront. » (René Char, Les Matinaux.) De telles qualités peuvent susciter l’agacement, la jalousie et l’envie. Peut-être que celui qui éprouve ce sentiment se déprécie lui-même et pense qu’il n’aurait pas été à la hauteur de « l’exploit » qu’il a réalisé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            Reste que le destin de l’être humain ne se façonne pas par à-coups, il s’élabore au fil des jours… Le plus infime des évènements, même s’il est insignifiant, même si on ne s’en souvient pas et qu’on pense n’en garder aucune trace tisse un lien qu’on ne peut rompre entre les êtres. C’est pourquoi ceux qui ont conscience de ces liens n’hésitent pas à prendre des risques… Mais pour autrui. Donnent, protègent, soignent, sauvent (de parfaits inconnus parfois) sans rien demander en retour et parfois au péril de leur propre vie, tels que les pompiers par exemple. Dans sa balance des valeurs, celui qui prend des risques ne compte plus pour lui-même, seul compte la vie des autres. Il est prêt à tout pour la protéger, au péril de sa propre perte. Il ne supporte pas de voir les gens souffrir mais peu lui importe de souffrir lui-même. Souffrir , saigner, être blessé, ce n’est rien si les autres « vont bien ». Mais les autres ne peuvent pas aller bien. Celui qui prend des risques ne comprend pas qu’il fait souffrir les autres à travers lui, car être la cause du sacrifice de quelqu’un est difficile à accepter. Surtout si c’est un être cher. On rejoint ici le jugement fondé sur la crainte que nous avons expliqué précédemment.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais ne peut-on pas juger la vie comme une suite de prises de risque auxquelles nous nous exposons continuellement, tout comme à la perception d’autrui. Chacun de nos actes suscite une remise en question et c’est pourquoi la majorité préfère ne pas transgresser la norme pour ne pas perdre ce qui est sa propriété ou ce qu’il pense le définir. Les autres continueront de provoquer des jugements et réactions contradictoires, auxquels ils n’apportent finalement que peu d’importance. Seul compte l’objectif atteint au-delà des épreuves.

 

 

 

 

« Plus le péril est grand, plus doux en est le fruit. » (Pierre Corneille, Cinna) L’enfant agit sans demander la permission et fait peu de cas des remontrances, trop heureux d’avoir réussit la « bêtise » qu’il avait envisagé. C’est avec la même désinvolture et le même plaisir que ceux qui prennent des risques bravent les situations convenues et le qu’en-dira-t-on. Dans le succès ou dans l’échec, mais toujours avec panache ! Car selon un proverbe chinois non dénué de malice :

 

 

 

 

« Celui qui a déplacé les montagnes, c’est celui qui a commencé par enlever les petites pierres. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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