Chapitre 31 : Gardes l’espoir
Monde d’Eole
C’était un bar musical, quelque part dans une rue peu animée. Un de ces lieux secrets où viennent traîner parfois les personnes ayant des pouvoirs, les créatures occultes, ces êtres dont les humains ordinaires ignorent l’existence. Lorsque Fei Wan Reed y entra, il n’y avait personne d’autre que le barman, un loup garou, en train d’essuyer des verres. Une musique « lounge », de celles qu’affectionnent les bobos branchés, était diffusée en fond sonore, et des pastilles de lumière jouaient sur la piste de danse déserte…
Fei se dit qu’il y avait bien 27 ans qu’il n’avait pas remis les pieds dans un endroit pareil, et qu’il n’avait pas la splendeur de ses souvenirs, ni des folles années disco…
Il avança de son pas lourd en direction du bar, se hissa péniblement sur un tabouret.
« Un Whisky avec deux glaçons ! » ordonna-t-il d’une voix aride.
Merde. Fei Wan Reed accoudé à un bar comme n’importe quel alcoolo dépressif … Il était tombé bien bas…
Mais pour « elle »… Oui, pour « elle »… Il était prêt à s’humilier ainsi…
Heureusement, le barman lui servit sans lambiner le précieux whisky, et Fei du bien reconnaître qu’il n’était pas mauvais…
« Tu es venu au rendez-vous. Je suis heureuse. Ce n’est pas souvent que tu oses sortir de ton antre, Fei… »
Le Feifei n’osa pas lever sa barbe de son verre. Il savait bien ce qu’il verrait, s’il se retournait. La plus belle femme de l’univers, du moins à ses yeux. Elle aurait toujours un corps aux proportions parfaites malgré les années, une peau divinement blanche et délicate, un adorable visage avec des yeux bleus à se damner, et cette opulente chevelure, chutant en cascade de boucles noires jusqu’à la courbe de ses reins…
Il aurait pu dessiner de mémoire chacun de ses contours…
Dissimulant son trouble, Fei se contenta de répondre de son ton le plus aigre et indifférent :
« On ne t’as pas vue non plue depuis une éternité… De quoi voulais-tu me parler… Ming Yun ? »
Dans un bruissement de sa robe satinée, cette très belle femme d’une quarantaine d’années s’assit sur le tabouret voisin du sien.
« Eungyo a survécu, dit-elle. Hageshi et Shiroï sont de retour. Clow s’est réincarné. Les sept clés se réunissent, Zié chan et Bekko sont à nouveau proches. Et le clone que tu as créé échappe totalement à ton pouvoir. Tout cela bouscule et retarde tes plans. Je me demandais simplement pourquoi tu n’intervenais pas, cette fois… »
Fei eu un rire cynique.
« J’ai déjà vu mon psy, aujourd’hui… Le professeur It’chann. J’entame une thérapie en 12 leçons. Alors franchement, Ming Yun… J’ai pas envie de causer.
- Tu préfères consulter un psy que d’affronter ta peur directement ? »
Il fit tourner les glaçons dans le liquide ambré de son verre.
« Je n’affronterais pas Shiroï à nouveau. Hors de question ! J’attendrais tranquillement dans mon coin que les clés fassent le sale boulot et le scellent encore. J’ai bien choisis mes pions, je sais qu’ils survivront et repartiront après à la recherche de leurs Princesses…
- Alors, tu vas encore te planquer.
- Ainsi sont les Reed. Des lâches qui aiment faire un minimum d’efforts.
- Pas tous… Murmura la jolie femme en secouant ses longues mèches bouclées. Non, pas tous…
- C’est vrai. Comment vas-tu agir, toi ?
- J’observe et je fais des choix. C’est ma fonction.
- Et qu’est-ce que tu as choisis pour moi ?
- Je pense que tu le sais déjà, au fond. Nul n’échappe à son destin.
- C’est une vengeance ?
- Oh… Non. Non, si je te haïssais, je ne serais pas assise ici à en parler avec toi.
- Tout ça est loin, Ming Yun, murmura Fei, la gorge soudain plus nouée.
- Je sais, soupira-t-elle, émue. Zié chan et ses trois prétendants, Noa et Eungyo… Je crois que j’ai été nostalgique, moi aussi… »
La musique semblait les envelopper d’un voile cotonneux.
« Tu me fais danser, Fei ? Demanda soudain Ming Yun.
- Oh… Non… Je ne danse plus, répondit-il en se réfugiant dans son verre. Je manipule, je clone, je tue. Mais je ne danse plus.
- C’est dommage… répondit-elle en se levant de son tabouret et s’en allant dans un léger bruissement de tissu, comme une illusion qui disparaît…C’est dommage… Moi… Je l’aimais, le Fei qui dansait… »
Il ne répondit rien, noyé dans son whisky. Il ne se retourna pas pour la regarder passer la porte du bar, l’abandonner encore…
« Jolie fille ! dit soudain le barman, le ramenant à la réalité.
- On a été mariés pendant quatre ans… Murmura Fei, nostalgique…
- Et vous avez laissé partir une telle beauté ?! s’étrangla le barman.
- Je n’avais pas le droit de décider. Elle s’appelle Ming Yun…
- Oh, un prénom chinois, c’est cela ?
- Oui. Ming Yun signifie « Destin »… »
Pays de Kurisutaru
Un meuble explosa en infimes copeaux de bois.
« … KUROOOOOOOO !!!! » hurla Fye comme un dément, suffoquant de larmes, se précipitant de ses longs doigts de vampire furieux sur un autre meuble pour le démolir à son tour…
On ne comptait plus tout ce qu’il avait fracassé en une semaine…
« Fye, calmes toi, calmes toi, je t’en pries… Tentait de le maîtriser Fye Kun.
- Il ne t’écoute pas… Regarde ! » dit Kuro Kun en désignant le vampire, totalement déchaîné comme un fou furieux, qui cognait à présent une colonne en marbre à s’en faire saigner les poings… Depuis sept jours, ayant totalement perdu la raison, aveuglé par sa douleur, fou d’amour et de désespoir pour son Kuro disparu, Fye ne faisait qu’hurler, pleurer et se frapper, cette atroce punition ne parvenant pas à apaiser son chagrin… Entièrement dévoré par sa souffrance, il n’avait plus une once de conscience et personne n’arrivait à se faire entendre de lui…
« Hey, Fye ! dit Eungyo en atterrissant près de lui dans un saut de justicière. Regarde ce que j’ai là ! C’est le bras métallique de Kuro ! Tiens, prends le ! »
L’œil du vampire se dilata d’un éclat étrange, comme animé par un souvenir fiévreux.
« … Kuro… Kuro… Kuro… Kuro… » répéta-t-il dans un feulement animal, suffoquant, haletant tel un fauve blessé…
Il arracha le bras mécanique des mains de la jeune fille, le serra désespérément contre lui, cherchant le parfum de Kurogane…
« … Kuro… Mon Kuro chan… » murmura-t-il en tombant à genoux, sanglotant avec la fragilité d’un enfant mais se calmant un peu au contact du bras…
« Oui, c’est cela… Respire un peu, Fye… Tu vois ? Son bras est là… Kuro est là…
- Kuro… »
Il relâcha la prothèse, hurlant à nouveau :
« Il n’est pas mort… Je dois le retrouver… JE DOIS LE RETROUVER !!!! »
Et se redressant en un bond, il se précipita vers un mur pour s’y cogner la tête avec une violence encore plus féroce.
« KURO !!!! KUROOOOOOOO !!!!
- Fye, arrêtes !
- Fye, tu vas t’ouvrir le crâne !!!! »
A présent ils étaient six : Eungyo, Kuro Kun, Fye Kun et leurs trois enfants, à tenter de l’empêcher de se faire du mal, mais même tous réunis, ils n’étaient pas de taille à lutter contre la force désespérée d’un vampire devenu complètement fou…
« … KURO CHAAAAN !!!!
-… Maman, NON ! »
Shaolan arriva juste à temps, projetant encore une fois son nouveau sortilège pour endormir Fye, avant qu’il ne parvienne à s’éclater le crâne…
Il avait tenté de le faire des dizaines de fois cette semaine, et malheureusement, Shaolan n’avait pas d’autres alternatives que de l’endormir pour être sûr qu’il n’y arrive pas…
« Je suis désolé, Maman… Vraiment désolé… » murmura-t-il en s’agenouillant près du corps de Fye et commençant à panser ses blessures.
Sur l’épaule de Shaolan, Mokona était effondrée en larmes.
« Il va se laisser mourir… Il va se laisser mourir pour le rejoindre… »
Shaolan eu un regard infiniment triste, caressant les oreilles de Mokona…
« Vous êtes parvenu à établir un contact avec la boutique ? Demanda Eungyo.
- Non, toujours pas… On s’est éloignés le plus possible du palais pourtant, pour que Mokona ne soit pas perturbée par la magie de la reine de cristal et celle de Fye kun… Mais cette fois… On dirait que c’est du côté de Mokona noir qu’il y a des interférences….
- C’est horrible… Mes bébés… Watanuki, Yuko et les autres… Pleura Mokona.
- ça va aller ! dit Eungyo, optimiste. Une fois j’ai vu Yuko à elle seule botter le cul d’une déesse, et encore, elle avait un désavantage parce qu’elle était bourrée !
- Bou… rrée ?! s’étonna Kuro Kun, les yeux ronds.
- Ouais, c’était lors d’une fête ! Elles se sont pris la tête pour de vieilles histoires et se sont battues dans les cabinets ! C’était super marrant, surtout quand Yuko a enfoncé la tête de la déesse dans la m…
- Je crois qu’on voit l’image ! » dit Fye Kun d’un large sourire happy face forcé.
Akira et Suoh s’approchèrent de Shaolan et le corps de Fye, endormi.
« Tu veux que nous t’aidions à l’emmener dans sa chambre ?
- Oui… Merci ! » dit-il avec un sourire reconnaissant et fatigué.
La semaine n’avait pas été facile pour lui non plus…
« … Tu me raconteras la fin de la bagarre ? » demanda Umi à Eungyo tandis que tous marchaient en direction des appartements attribués aux voyageurs.
« … Et le Prince Clow ? Demanda Shaolan lorsqu’ils furent arrivés, allongeant Fye sur son lit. Savez-vous quand il sera de retour ?
- Il est partit au pays d’Imonoyama expliquer à son père tous les malheureux évènements… Dit Fye Kun. Il n’a pas précisé quand il en reviendra…
- Il n’a pas changé ! grinça Eungyo. Toujours à se défiler quand la situation devient critique !
- Il faut absolument que je lui parle, dit Shaolan, fronçant les sourcils. Il sait certainement comment nous pourrons rétablir le contact avec Yuko. Et… Concernant la recherche de mon père…
- Les filles sont sur le coup, affirma Kuro Kun avec un demi sourire rassurant. Les deux reines de cristal, Hikaru, sa fille Nagisa, Kanashimi et sa fille Utako… Toutes sont réunies dans le temple des Célestes et unissent leurs magies afin de retrouver sa trace…
- D’ailleurs j’y vais aussi ! dit Umi en les quittant. Puisque je suis un fragment de son âme, ma magie est peut être efficace !
- Ah ! Attends nous ! » crièrent ses frères en lui emboîtant le pas, très protecteurs envers elle depuis l’attaque des morphes…
« Merci pour tout ce que votre famille et vous faites pour nous… Dit Shaolan en parvenant à sourire à Fye Kun et Kuro Kun.
- C’est normal, dit ce dernier en lui effleurant les cheveux d’une manière paternelle… Et terriblement familière… Je compte bien lui coller une baffe à lui dévisser le crâne lorsque je reverrais Kuro pépé !
- Moi aussi ! affirma Mokona, déterminée. Je lui tirerais les oreilles à les décoller !!!!
- Coller… Décoller… Il va falloir vous mettre d’accord… Sourit Fye Kun.
- En gros, il va falloir appeler Valérie Damidot parce que sa tête sera en travaux ! » rit Eungyo.
Ce regain d’optimisme mit un peu de baume au cœur inquiet de Shaolan.
« Merci… » répéta-t-il en inclinant la tête avec reconnaissance.
Kuro Kun et Fye Kun quittèrent la pièce avec un signe de la main…
« Shaolan… Depuis le début tu es persuadé que Kuro a survécu… Murmura Eungyo.
- Si Kurogane est mort, c’est en donnant sa vie pour Fye, et il ne voudrait pas qu’il le rejoigne de suite… Mais Papa est vivant, c’est en voyant Maman que je le sais, affirma-t-il en regardant Fye, qui continuait de pleurer même endormi …
- Hein ?!... Mais… Il a tenté de se tuer je ne sais combien de fois, cette semaine… Frémit Mokona.
- Pas de se tuer. De le rejoindre.
- Tu nous expliques la nuance ? Demanda Eungyo.
- Il ne crie pas « Il est mort ! », mais « Il n’est pas mort ». Il parle de le retrouver. Même fou de douleur, Fye sait ce qu’il dit. Eungyo, tu es bien là pour prouver que l’on peut survivre à cette atrocité… Si Papa est vivant… Maman cherche à le rejoindre là où il doit se trouver…
- Dans le néant… Frémit Eungyo. A moins… Qu’il ait réussit à atteindre une autre dimension…
- Je ne saurais comment l’expliquer, mais le sentiment qui lie Papa et Maman est profondément gravé en eux, il dépasse l’entendement… J’ai pu l’observer, même avant qu’ils soient un couple, lorsque j’étais prisonnier chez Fei Wan Reed… Ils sont différents mais complémentaires. Leur harmonie est presque surnaturelle. Ils se comprennent sans un mot, parfois même ça frôle la télépathie… Lorsqu’ils se battent côte à côte, ils forment une équipe idéale, réagissant en parfaite synchronisation, instinctivement. Et depuis qu’ils sont vraiment « ensemble »…
- Oui, dit Mokona. Je n’ai jamais vu un couple aussi amoureux… Ils ont un besoin constant l’un de l’autre, de se chercher, de se rassurer… C’est vraiment un amour fusionnel… Dépendant… ça dépasse le stade du vampire et de sa proie… Ils ont un besoin vital l’un de l’autre. Se voir, se goûter, se respirer… L’un sans l’autre ne peut survivre. Les séparer, c’est les tuer… »
Elle remua tristement la tête.
« Mon Dieu ! Qu’est-ce que j’ai dit ?!
- Non, soupira Shaolan, c’est tout à fait ça… Et parce qu’ils ont ce lien hors du commun… Je suis persuadé que Maman parvient à ressentir inconsciemment comment va Papa actuellement…
- Alors… Si jamais Fye ressentait que Kuro est vraiment mort… »
Un silence glacial plana sur la chambre…
« C’est vraiment trop horrible ! s’énerva Eungyo, des larmes lui venant aux yeux. Je ne voulais pas qu’il arrive à quelqu’un la même chose que Noa et moi, mais c’est tombé sur eux ! Et c’est encore plus horrible de ne rien pouvoir faire pour le moment ! C’est injuste ! C’est dégueulasse ! J’ENRAGE !!!! »
Elle donna un violent coup de pied dans un mur, qui s’effrita en un cratère sous l’impact.
« Ah la vache, commenta Mokona, à ce rythme là c’est les Maçons du cœur qu’on devra appeler ! »
Shaolan eu un léger sourire.
« Merci, Eungyo…
- Hein, pourquoi ?! demanda la petite coréenne, se figeant dans ses gestes.
- Juste d’être là. De te sentir concernée par tout ça. Et puis, je ne te cache pas… Que quand je t’entends vitupérer et frapper dans le tas comme ça… J’ai comme un air de déjà vu…
- Un air de famille, hein ? Rit-elle. C’est curieux… C’est pourtant mon Noa qui est de la famille de Kurogane… C’est à lui qu’il devrait ressembler…
- Heu… Fit Mokona, soudain traversée par un doute.
- Oui, tu disais ? Demanda Shaolan.
- Non… Non, RIEN ! rit Mokona, de manière qui sonnait assez faux.
- Nous ferions bien de quitter la chambre, maintenant, repris le garçon. Maman est exténué, et sous ce sortilège c’est l’un des rares instants où il arrive à dormir… Dit-il en effleurant les mèches blondes de Fye. Et puis… Il n’a rien mangé depuis une semaine…
- Toi aussi, tu as l’air épuisé à gérer ses crises, et avec toute l’inquiétude que tu te fais… Lui fit remarquer Mokona.
- La priorité pour le moment, c’est Maman. Notre devoir et notre responsabilité est de veiller sur lui jusqu’au retour de papa, d’accord ?
- Wiz ! » approuva le petit animal en l’embrassant.
… Alors que la nuit allait bientôt tomber, les magiciennes du palais, toutes réunies dans le temple des Célestes, unissaient leurs efforts dans une tentative de repérer dans l’au-delà et les dimensions la présence de Kurogane…
« L’une de vous a des visions ?
- Non, toujours rien… »
C’était à désespérer… Si les plus puissantes magiciennes du pays de Kurisutaru n’y parvenaient pas…
« Nous devrions cesser les recherches pour ce soir et reprendre demain matin, décida Hikaru. Avec un peu de repos, nos pouvoirs se seront régénérés…
- Peut-être devrions nous attendre le retour du Prince Clow, dit Sakura, la Reine de Cristal. C’est lui le plus puissant de nos tous…
- S’il était si puissant que ça, il aurait fait en sorte d’éviter ce drame…
- Umi ! s’exclama la Reine Tomoyo, choquée par les propos de la jeune fille.
- Il savait déjà ce qui allait arriver… Il le savait depuis sa vie précédente… Mais il n’a rien fait pour nous avertir et protéger le pays dont il va être Roi… Et à cause de lui… Le Fye venu d’un autre monde est au désespoir depuis une semaine !
- Nous faisons tout pour l’aider, dit Kanashimi adulte.
- Vraiment ?! Pourtant, toi aussi Kanashimi, tu sais déjà tout ce qui va arriver… Tu le sais parce que tu l’as déjà vécu, tu es la première clé … Alors pourquoi tu ne dis rien ?!
- Si je modifiais quoi que ce soit aux évènements tels qu’ils se sont déroulés, les conséquences seraient épouvantables… Actuellement, la version de moi adolescente se trouve au pays du japon moderne…
- Depuis quand es-tu devenue aussi lâche que Clow, Kanashimi ?! soupira Umi.
- Hé ?! Comment tu parles à ma mère ?! s’étrangla Utako.
- Umi, ça suffit, dit Sakura, la Reine de Cristal. Clow est notre futur Roi, et tu es une protectrice de notre royaume. Ton devoir est de protéger le Prince et non de l’insulter. Par ailleurs… N’oublie pas que tu es peut-être celle qu’il choisira d’épouser…
- Et quand est-ce que j’ai donné mon consentement à ce mariage bidon ?! S’énerva la jeune fille, des flammes dans les yeux.
- UMI !!!! s’écrièrent encore les adultes.
- Arrêtez ! Pourquoi vous criez toutes comme ça ?! fondit en larmes la petite Nagisa, qui ne comprenait rien à ces discussions de grandes personnes.
- Je suis désolée… » dit Umi, radoucie, en caressant les cheveux blonds de la petite fille. Puis Umi fit une révérence plus respectueuse aux souveraines et murmura :
« Pardonnez moi… Je… Je crois que je me suis laissée emporter…
- Umi… Va te reposer, insista Hikaru d’un ton qui lui parut un peu étrange, celui de Shirahime… Je pense que tu te sentiras vraiment mieux après… »
Umi inclina la tête et sortit du temple. Dehors, ses frères l’attendaient.
« Encore vous ?! Mais vous êtes pires que des pots de glu !
- Ordre des parents. Connaissant ton caractère de fonceuse, nous voulons être sûrs que tu ne prendras aucune initiative insensée toute seule… Dit Suoh.
- Vous feriez mieux d’aller botter les fesses des morphes…
- On n’en a plus revu depuis la grande bataille… Dit Akira. Et c’est à toi qu’ils se sont attaqués…
- A moi et au Kurogane de l’autre monde ! Mais il m’a défendu, je vous rappelle ! Et tout ce qu’on fait pour le remercier, c’est le laisser errer dans je ne sais quel néant ou dimension !!!! »
Akira lui prit doucement la main.
« Je te promets qu’il reviendra sain et sauf. Viens, petite sœur… »
Umi hocha la tête en refoulant les larmes qui lui piquaient les yeux, et se réfugia dans les bras bienveillants d’Akira. La jeune fille se laissa escorter jusqu’à sa chambre par ses deux frères, et ils la quittèrent lorsqu’elle eu promis de ne pas faire le mur ou une autre folie…
« La vie de Princesse… C’est pas aussi marrant que dans les contes de fées », soupira-t-elle, alors qu’elle commençait à se déshabiller pour se changer…
Tout à coup, dans la pénombre de la pièce, elle perçu un bruit suspect du côté de la fenêtre…
Ni une ni deux, la jeune fille s’empara de sa pince à cheveux, qui dissimulait en réalité un poignard, et le balança en direction du bruit : TCHAC !
« … Umi… » murmura une petite voix épouvantée.
La jeune fille sursauta et se précipita vers la lumière. Lorsque toute la chambre s’éclaira, elle vit qu’elle avait littéralement punaisé contre le mur le malheureux Klef, le poignard planté jusqu’à la garde à travers sa cape de magicien, et ses petites jambes se balançant dans le vide…
« Cinq centimètres plus loin, tu me perçais le cœur ! frémit-il.
- Nous dirons que c’est la flèche de cupidon ! » sourit Umi en le décrochant du mur avec un rire mutin. Klef toucha le sol, outré et se drapant de sa dignité.
« … Dires que je m’inquiétais pour toi ! soupira le petit magicien. Mais aparement ça va, puis que tu te moques de moi…
- Non, ne te vexe pas… Dit Umi en prenant sa main dans la sienne… En fait, tu me manquais, et j’avais vraiment envie de te voir… Mais tout le monde me surveille…
- Je sais. J’ai du ruser pour parvenir jusqu’ici. Heureusement, les Glucks m’ont aidé en se mettent à chanter sous la tour des gardes… Ils en prennent plein les oreilles…
- Je suis vraiment contente que tu sois là… » dit Umi en se penchant à la hauteur de Klef et le serrant dans ses bras, car avouons le, sortir avec un garçon dont la taille est beaucoup plus petite que la votre, c’est le lumbago assuré..
« Ton cœur est troublé, Umi… Dit le petit magicien en caressant la longue chevelure bleutée de la jeune fille… Je ressens autour de toi une aura de tristesse… Et de révolte aussi…
- Je déteste le Roi des shinigamis et le sorcier dragon pour ce qu’ils ont fait aux voyageurs des dimensions…
- Il n’y a pas que ça… Murmura Klef en effleurant sa joue.
- Je… Je déteste Clow, aussi… Non, je veux dire… Je l’aime beaucoup en tant que cousin… Nous avons grandis ensemble… Et je le respecte comme mon futur Roi, mais…
- On t’a reparlé de vos probables fiançailles, c’est ça ? Demanda Klef, une lueur inquiète dans le regard.
- Clow doit se marier pour perpétuer la lignée royale. Il a des tonnes d’admiratrices qui n’attendent que ça ! Mais le Roi d’Imonoyama, le père de Clow, pense que je ferais une bonne Reine et épouse… N’importe quoi !!!! Pourquoi je devrais épouser Clow ?! Je sais qu’il n’est absolument pas amoureux de moi ! Et je m’en fiche d’être Reine… Je m’en fiche, de Clow… C’est toi que j’aime, Klef !!!!
- Regardes moi… Tu es amoureuse d’un gamin de 12 ans…
- Tu es bien plus mûr que beaucoup de garçons que je connais… Et puis quand tu auras 32 ans et moi 35, personne ne verra la différence !
- Je ne t’arrive même pas à la hauteur des épaules…
- C’est parce que tu n’as pas finie ta croissance ! Bientôt, j’en suis sûre, tu seras plus grand que moi, et même si tu ne grandis pas, on investiras dans un tabouret, et puis voilà ! »
Klef secoua la tête en riant, embrassant la main de sa bien aimée.
« Umi… Ma Umi… Je représente tout ce qui a fait souffrir ce monde… Crois tu vraiment que je sois digne d’être aimé de toi ?
- Tu n’es pas responsable de ce qui est arrivé avant nous… Murmura-t-elle, combattant à nouveau ses larmes.
- Je suis né grâce à la pluie de lumière, mais je suis le fils de Suzuka, la fée des ténèbres, et de Wizard, le chevalier bleu. Je suis le petit-fils du Roi des corbeaux, qui a commis les pires crimes et atrocités en ce monde… Entre Clow, le Prince aimé du Royaume de Cristal tout puissant, et moi, l’héritier d’un royaume déchu et en ruines, et de la douleur, de la rencoeur de ses victimes, honnêtement, quel meilleur avenir s’offre à toi, Umi ?
- Mon avenir, je le veux avec toi ! Moi je sais que tu n’es pas comme ton grand-père ! Tu es gentil, loyal, honnête, courageux, tu ne veux que le bien pour Kurisutaru et ceux qui comptent pour toi !... Si seulement… Les gens cessaient d’avoir peur et te voyaient tel que je te vois ! »
Klef ôta lentement son lourd diadème et enlaça plus près sa bien aimée.
« Je ne peux pas me battre contre toi… Tu gagneras toujours, Umi… Je ne sais combien de temps le destin me laissera t’aimer ainsi, j’ai presque trop de chance… Mais quoi qu’il puisse arriver… Ce sentiment ne s’éteindra jamais… »
Alors, il se haussa lentement à son visage et l’embrassa tendrement…
Dehors, la lune et les étoiles dansaient langoureusement…
… Fye étant un peu calmé tant qu’il resterait endormi, Shaolan parvint à convaincre Eungyo et Mokona d’aller aussi se reposer toutes les deux, la semaine ayant été également très éprouvante pour elles…
Shaolan, lui, ne parvenait pas à dormir. Tant que Fye n’aurait pas maîtrisé son chagrin, leur mission était en suspens, et surtout, la famille était éparpillée comme les pièces d’un puzzle… Fye, Mokona et lui à Kurisutaru… Les bébés et Watanuki au Japon moderne… Shaolan clona au pays de Nihon du futur… Sakura et Sakura à la merci de Fei Wan Reed… Et Kurogane… Perdu quelque part dans l’univers…
Et Shaolan n’avait pas la moindre nouvelle de quelqu’un depuis une semaine…
Même en rêve… Personne ne s’était manifesté…
D’ailleurs, si la famille était éparpillée entre les mondes, c’était aussi le cas des clés…
Et pendant ce temps… Shiroï, le sorcier Dragon, et Hageshi, le Roi des Shinigamis…
Kanashimi adulte leur avait tout appris de leurs ennemis, les coupables de ce drame épouvantable…
Histoire d’oublier sa nervosité, Shaolan sortit sur les chemins de ronde du palais. Sous l’éclat de la lune, il s’étonna d’entendre au loin les Glucks brailler une étrange chanson en modulant leurs « Beuwaaaah ! », et les gardes du palais les supplier de se taire… En temps normal, Fye, qui aimait tant les Glucks, aurait sûrement rit de la situation…
Mais Fye ne riait plus depuis une semaine…
« Où est-ce que tu es, Papa ? Demanda Shaolan en regardant les étoiles. Tu… Tu lui manques…
- Je suis certain que vous lui manquez aussi… »
Shaolan sursauta, puis son dos se hérissa comme celui d’un petit chat courroucé. Le Capitaine Mikomi venait d’apparaître, avec son charisme qui insupportait Shaolan. C’était vraiment un très bel homme, d’une classe aristocrate, avec ce petit parfum d’aventure des corsaires. Si Johnny Depp et Orlando Bloom n’étaient pas libres, il pouvait les remplacer pour le prochain « Pirates des Caraïbes » !
Et ça, bien qu’il ne parvienne pas à comprendre pourquoi , ça énervait vraiment Shaolan…
« Qu’est-ce que vous me voulez ?, lui jeta-t-il entre les dents, sur la défensive.
- Je suis le maître d’armes du Prince Clow, mais mon élève s’est absenté. Je me demandais si tu ne voudrais pas que je t’enseigne quelques passes d’arme pour tes futures batailles…
- J’ai pas besoin de vos conseils ! feula Shaolan. Mon vrai père était un parfait épéiste et il m’a enseigné tout ce qu’il savait… Tout comme Kurogane, que personne n’égale dans l’univers au maniement du katana !
- Je n’ai pas l’intention de voler la place de tes pères, si c’est ce qui te préoccupes… Dit le Capitaine Mikomi avec un demi sourire.
- Voler… En tant que corsaire, je suis sûr que vous savez déjà toute la signification de ce mot… » jeta Shaolan en tentant d’esquiver la conversation et le planter là…
« Et si tu utilisais toute la rencoeur que tu éprouves à mon égard dans le maniement de ta lame ? Demanda le Capitaine en lui barrant le passage de son fleuret. Montres moi tout ce que tes pères t’ont enseigné, et je t’aiderais encore à améliorer ton style…
- Pourquoi feriez-vous ça ?! demanda Shaolan, ulcéré par son obstination.
- Parce que tu veux retrouver les personnes qui te sont chères, protéger ta famille, vaincre tes ennemis. Je me reconnais en toi.
- Je ne suis pas vous ! » s’écria Shaolan, furieux, en dégainant son épée.
Il passa à l’attaque, mais Mikomi le contra aussitôt.
« Tu tiens ta garde trop haut.
- La ferme !!!! »
Les lames s’entrechoquèrent dans un furieux cliquetis métallique, se parant et se parant encore…
« Tu es trop fougueux et impétueux au combat, continua Mikomi. Tes sentiments aveuglent facilement ton jugement, donc ta manière de te battre…
- Et vous, vous êtes trop bavard ! » s’écria Shaolan en lui administrant un estoc redoutable…
« Oh, joli ! » commenta Mikomi… Avant de le contrer encore.
« Supposes que je sois un ennemi et que je retienne en otage une personne qui t’es chère. Tu perdrais ta lucidité… Alors que c’est de ta logique et de ton intelligence dont tu as besoin pour l’emporter…
- Vous croyez ? »
Dans un mouvement aérien, il parvint à désarmer Mikomi, le pommeau du fleuret du capitaine tournant à la pointe de son épée :
« … Vous tenez votre garde trop bas ! » déclara Shaolan avec un demi sourire victorieux.
… Et Mikomi eu exactement le même.
« En effet… Tu as utilisé ton excellent sens de l’observation… Et prit en compte la remarque que je t’ai faite… »
Shaolan ouvrit des yeux ronds en réalisant cette vérité.
« Ah… ZUT !!!! jura-t-il en lui rendant son fleuret.
Mikomi inclina la tête gentiment.
« Ça y est ?... Ta colère contre moi est calmée ?
- Humph… Un peu… Soupira Shaolan d’un air désabusé.
- Je ne suis pas ton ennemi.
- Je sais, soupira le gamin. J’ai juste… Un peu confondu mes sentiments… »
Il releva la tête en direction des étoiles.
« J’ai été séparé de celle… Que j’aime plus que tout… Et j’ai toujours été persuadé qu’il n’y a qu’une Sakura pour un Shaolan… C’était ma logique stupide, mais en vérité…
- Tu as peur que quelqu’un te vole ta Sakura, tout comme à tes yeux j’ai volé Kanashimi à son premier Shaolan ?
- Oui, et je n’en suis pas fier… Parce que je sais combien Kanashimi mérite d’être aimée par vous… Je le sais parce que lorsque j’ai rencontré sa version adolescente, il y a quelques mois… Moi-même j’aurais pu commettre l’irréparable… Et trahir ma Sakura…
- Mais tu ne l’as pas fait parce que tu sais qui tu aimes vraiment… La Sakura qui t’attends…
- Oui… » affirma Shaolan, soudain plus rassuré.
Mikomi sourit encore, lui posant doucement une main sur l’épaule.
« Mon vrai nom, vois-tu jeune homme, n’est pas Mikomi, mais Shaolan… J’ai pris le nom de Mikomi car ce mot signifie « Espoir »… Quand j’avais ton âge, j’ai vu ma fiancée, la Sakura de mon monde, mourir sous mes yeux. Elle s’est interposée pour me protéger lors d’un combat. La lame de mon ennemi a traversé son corps de part en part, puis lacéré le mien. C’est de là que j’ai hérité cette cicatrice sur la hanche, dit-il en lui montrant sa blessure de guerre. La dernière chose qu’elle m’a murmuré du bout des lèvres, dans un souffle, c’était « Gardes toujours l’espoir… » . J’aurais voulu mourir pour être avec elle , mais on m’en a empêché… Et j’ai vécu les mois suivants sans les vivre, agissant comme un automate parce que j’avais une mission à remplir, alors que mon cœur tout entier était dévoré par le chagrin… Et puis Kanashimi est tombée du ciel. Et elle aussi souffrait depuis tant d’années du deuil, du vide, de l’absence… Alors, on a pensé que si on était deux à le porter, notre chagrin serait moins lourd. Et enfin… Notre fille Utako est née pour prouver que la vie valait le coup de continuer… »
Shaolan baissa la tête, honteux de son attitude et touché par cette histoire.
« Je suis vraiment désolé… Je n’aurais pas… Dû vous juger aussi mal… En me laissant aveugler par mes sentiments…
- Et qu’est-ce que tu ressens, maintenant ?
- Mon père a dit, il n’y a pas très longtemps : « On est la famille la plus bizarre de l’univers, mais on est une famille, et je les… »… Enfin, hem… La vérité… C’est que j’ai peur. Pour Sakura, ma famille, mes amis… J’ai peur de tous les perdre, cette fois ci… Et si jamais… Papa ne revient pas… Je… Je… »
Mikomi eu un regard touché et le serra paternellement dans ses bras.
« Gardes l’espoir, mon garçon… Gardes l’espoir, quoi qu’il advienne… »
genre: poème rapide
catégorie: qui fait froid dans le dos
personnage: Shaolan clone. je me suis demandée ce que pouvait penser une personne sans âme, sans coeur, et plutot "coriace".... ma conclusion: je l'inviterais pas à manger!
Invincible
Il fait froid, il fait si froid
Sans un coeur
Et alors?
Il fait sombre, tellement sombre
Sans une âme
Et alors?
Et ce vide, ce vide est si vaste
Qu'il emplis jusqu'au moindre recoins de mon corps
Et alors?
Je ne connais ni la peur, ni les regrets, ni la peine
Je n'ai pas de sentiments
J'ignore même leur existence
Les souvenirs? Pauvres cendres...
Cela commence et s'arrête aux larmes inutiles
Sur le visage de cette fille que je ne connais pas.
J'ai pris un oeil à un étranger.
Son nom? S'il en a un, je l'ai oublié.
Un autre avait l'air plutôt furieux
Qu'il vienne et je le tuerais
Puisque c'est la seule chose dont je puisse me rappeller.
Ces trois là et leur peluche débile
Et cet autre qui me ressemble et me pourchasse...
Pauvre imbécile!
Moi, je suis invincible.
Je n'ai pas tes failles, tes faiblesses, tes défauts humains.
Moi, je suis le chaos, l'enfer et plus rien.
Si vous m'avez connu autrement, tant pis pour vous,
J'ai choisit mon chemin, et si jamais je reviens....
Vous en crêverez tous!