« Amer Béton » de Michael Arias

Un manga en forme de polar urbain réalisé par un Américain. Un coup d'essai et une réussite.
Acteurs : Yû Aoi, Yusuke Iseya, Kankurô Kudô, Sanchu Mori, Masahiro Motoki, Kazunari Ninomiya, Kazunari Ninomiya, Nao Omori, Min Tanaka...
Genre : Animation, Drame
Film japonais
Public : tous publics
Titre original : Tekkon kinkreet
Durée : 1h 51min.
Sortie en salle : 2 mai 2007
Production : Aniplex
Année de Production : 2006
Langue du tournage : Japonais
Budget : 4 200 000 $
Distribution : Rezo Films
Scénario : Anthony Weintraub
D'après l'oeuvre de : Taiyo Matsumoto
Musique Originale : Plaid
Monteur : Mutsumi Takemiya
Ingénieur du son : Mitch Osias
Décorateur : Shinji Kimura
Format du son : Dolby SRD
Format de projection : 2.35 : 1 Cinémascope
Format de production : 35 mm
En couleur
Le yin et le yang. Blanc et Noir, deux frères orphelins, règnent sans partage sur un quartier imaginaire de la ville de Takara. Ces adeptes du vol et des coups tordus sont surnommés « les chats » pour leur grande agilité. Mais les deux frères sont confrontés à un yakuza qui souhaite refaçonner la ville selon ses désirs. Ce dessin animé soigné, qui mélange avec bonheur des séquences en deux et trois dimensions, est adapté d'un manga japonais, « Tekkon Kinkreet », de Taiyo Matsumoto. Il s'agit d'un polar urbain publié dans les années 1990 quand la capitale japonaise était en pleine transformation urbaine : un immense chantier où les démolitions côtoyaient les nouvelles constructions. Une étrange atmosphère régnait sur le pays. Une secte aux méthodes terroristes avait attaqué le métro de Tokyo au gaz sarin, un tremblement de terre avait eu lieu à Kobe. Etonnamment, c'est un réalisateur américain qui rend compte de cette angoisse urbaine en terre nippone. Michael Arias, ancien assistant de James Cameron (« Abyss »), Wes Craven, vit à Tokyo depuis une dizaine d'années. Il parle japonais et il travaille dans le milieu fermé de la bande dessinée japonaise. Spécialiste en effets spéciaux, il a, entre autres, conseillé Hayao Miyazaki. « Amer Béton » est son premier long métrage.
Ce film, esthétique en diable, n'est pas conseillé aux enfants. Violent et sombre, parfois magique, souvent poétique, ce dessin animé décrit surtout avec finesse les relations complexes de deux frères que tout oppose. Noir est violent et impitoyable, Blanc doux et rêveur. Le plus âgé a la tête sur les épaules quand le plus jeune est vite dans un monde imaginaire. Mais tous deux vont apprendre que la vie de l'un ne peut se concevoir sans l'autre, suivant l'équilibre précaire mais vital des deux principes du tao. Le film n'évite pas quelques longueurs, l'épilogue est déroutant, qui frise l'expérience psychédélique, proche de la folie. Mais « Amer Béton » réussit le tour de force de faire coexister la violence et les plus bas instincts d'une ville de débauche avec la magie et les rêves de deux enfants unis à jamais.
Reste un sentiment oppressant: si les américains se mettent àfaire du japanime, auront-ils l'audace de direqu'ils l'ont inventé?
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