Titre : J'irai où tu iras
Tome : 3
Scénario : Lyfoung, Patricia
Dessin : Lyfoung, Patricia
Couleurs : Ogaki, Philippe
Editeur : Delcourt
Dépot Légal : 05/2007
ISBN : 275600572X
Nb Pages : 46
_tome_3.jpg)
Maud sait désormais que le Renard n'est autre que Guilhem de Landrey. Malgré sa déception, elle accepte son aide afin de découvrir le secret du carnet de son père et retrouver l'assassin de celui-ci. Récupérer dans les coffres royaux à Versailles une bague des Templier est leur premier objectif. Mais c'est compter sans le baron de Huet et son séide qui suivent la même piste.
L'avis de la vache:
En tant que fan absolue de films de cape et d'épée et de french manga, je ne pouvais que craquer pour la série de LA ROSE ECARLATE , que je suis depuis le début ( d'où un problème technique, la première édition du premier tome est plus grande que les deux suivants!)
Ce troisième tome ne m'a pas déçue, l'action et les révélations se succédant à une allure plus trépidante et enthousiasmante que les premiers opus.
Elle fait fait la part belle au personnage de Guilhem, auquel le surnom de Renard sied mieux que jamais, jeune homme rusé, facétieux, fougueux et irrésistiblement séducteur à son insu. La lectrice de plus de 20 ans y verra Gerard philippe, Jean Marais, Vincent Perez, les plus fins bretteurs du cinema français. Celle de moins de 15 ans projettera sur lui l'incarnation d'Orlando Bloom, Heat Ledger et Ewan Mc Gregor réunis, la fine fleur des sex symbols épéistes. quoi qu'il en soit on ne peut que craquer pour ce personnage de gentleman moqueur, qui lacère les longs discours de la pointe de son furet et dégaine des boulets explosifs lorsque son "plan d'attaque " a échoué.
A ses côtés, Maud, la fameuse "Rose écarlate" nous convainct moins. Autant son caractère tempétueux et enjoué, assoiffé d'autonomie et de liberté, féministe avant l'heure, est réjouisant dès qu'elle revêt son masque de justicière et se déchaine avec sa lame, autant ses réactions bétassoues, capricieuses, bornées lorsqu'elle remet sa robe de demoiselle ont de quoi irriter celles qui ne fréquentent plus les cours de récré. Là où on espère une symbiose de Lady Oscar et Lara Croft, on obtient la lointaine ancêtre de Diana Lombard du dessin animé Martin Mystère. Pour un peu, on entendrait presque la voix acidulée de Dorothée Pousseo invectiver de cris ulcérés ce malheureux Guilhem.
Demeure le scenario, qui s'il prête un peu à sourire en suivant la mode du Da vinci code et consors, demeure fort bien ficelé. Les Templiers étaient des gens décidément bien occupés et impliqués dans toutes les grandes enigmes de ce monde. et la rose écarlate leur fournit un trésor de plus à cacher....
Mais J'irai où tu iras nous rappelle aussi les chorégraphies somptueuses de la comédie musicale du Roi soleil ou l'ambiance particulière du film l'homme au masque de fer avec leonardooooo dicaprio. Plongée dans la volupté d'un Versailles plus beau qu'en photographie, avec la Cour des arrivistes, le bal énivrant, la somptuosité froufroutante des robes d'époque fidélement reproduites par une Patricia Lyfoung au sommet de son art, et le caractère versatile et libertin de cette joyeuse assemblée, incarnée à elle seule par la marquise de Lafleur,couvrant de baisers cet "innocent" Guilhem sous les regards furieux de Maud.
Les personnages secondaires sont d'ailleurs croqués avec une précision percutante. On ne peut que s'attacher à Mr. Rouge l'archiviste, ce petit vieux bonhomme irradiant de bonté et de gentillese dès son apparition dans sa chaleureuse bibliothèque, classique personnage du sage qui aide les héros dans leur quête.
Si la fluidité du dessin de Patricia Lyfoung ,typé manga, crée une rencontre inattendue et savoureuse avec l'univers de versailles, on regrette un peu cependant que l'auteur ait abusé des sd (super déformés) dans cet opus. Si pousser l'expession des personnages de manières exagérées passe très bien dans les situations comiques (comme c'est le cas dans Les légendaires de Patrick Sobral, par exemple) leur abus dans d'autres circonstances, dans une bd "historique" a un caractère déplaisant. Et dans la scene d'ouverture où Maud pousse des cris d'incompréhension à l'égard de Guilhem, le visage ulcéré de la jeune fille est particulièrement affreux. un traitement plus dramatique aurait fournit une intensité supérieure à cette scène.
Plus réussis sont les arriere plans, l'auteur ayant su trouver son équilibre entre typologie purement shojo (petits coeurs en fond, lignes soulignant les accélérations) et reproductions dignes de figurer dans un livre d'histoire de l'art ( la bibliothèque ou la Galerie des Glaces).
Enfin, les couleurs de Philipe Ogaki, plus nuancées et franches que dans les tomes précédents, créent une palette propre à l'univers des films d'époque, que les amateurs apprécieront.
Aventure, humour, passion et clins d'oeil appuyés forment la recette savoureuse de J'irais où tu iras, qui enthousiasmera les lectrices de 7 à 77 ans. Vous pouvez offrir ce beau cadeau pour la fête des mères, l'anniverssaire de votre petite soeur ou votre nouvelle fiancée, elles en seront toutes les trois enchantées.
en attendant impatiemment le tome 4!
/image%2F0553507%2F201304%2Fob_f28534246d0e39b05ecc34afa5bd6a40_150.jpeg)